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La MTC 2017-01-29T18:08:04+00:00

Qu’est-ce que la médecine traditionnelle chinoise ?

La médecine traditionnelle chinoise est très ancienne. Elle se caractérise par une succession historique de praticiens et de théoriciens qui ont permis de développer de nombreuses méthodes thérapeutiques et d’accumuler une expérience clinique colossale. Il s’agit probablement du seul système médical qui n’a jamais cessé de s’enrichir à travers les âges. Les experts les plus avisés estiment qu’il a commencé son essor depuis plus de 2000 ans.

I – Son histoire

  • Epoque des Trois Dynasties (San Dai)

Il s’agit de la période comprenant les dynasties Xia (21ème – 18ème siècle av. J.-C.), Shang (18ème – 11ème siècle av. J.-C.) et Zhou (1121-771 av. J.-C.). La pratique de la médecine à cette époque n’est pas bien connue, car aucun texte n’a été retrouvé. Seuls, quelques instruments (aiguilles d’acupuncture en pierre notamment) témoignent de l’existence d’une médecine traditionnelle chinoise primitive, il y a plus de trois mille ans. On peut affirmer que les balbutiements de la médecine traditionnelle chinoise commencèrent entre 1000 et 500 av. J.-C. Il est possible que ce soit antérieur mais il n’en existe aucune preuve archéologique.

  • Epoque des Printemps et Automnes (Chun Qiu) et des Royaumes Combattants (Zhang Guo)

L’époque des Printemps et Automnes (770 – 476 av. J.-C.) correspond à la fin de la phase de développement strictement empirique de la médecine traditionnelle chinoise et au début de sa transformation en système médical cohérent. Ce développement se poursuit durant les Royaumes Combattants (475 – 221 av. J.-C.). C’est une période clef durant laquelle la médecine traditionnelle chinoise devient une « médecine savante » qui se détache des superstitions et autres croyances magiques. La plupart des concepts théoriques et des fondements dialectiques sont élaborés à cette époque, comme celle de « l’énergie » (Qi), du « Yin/Yang » et des cinq mouvements (Wu Xing). La médecine traditionnelle chinoise analyse les expériences qu’elle a accumulées pendant des siècles à la lumière de ce mode de représentation et de codification de l’univers et de ses phénomènes. Elle acquiert ainsi toute sa cohérence interne.

  • Dynastie Han (206 av. J.-C. – 220 apr. J.-C.)

C’est sous cette dynastie que se structurent, s’organisent, s’ordonnent les théories et la pratique de la médecine traditionnelle chinoise. C’est à cette époque que sont synthétisés les différents courants médicaux qui donneront naissance à la médecine traditionnelle chinoise telle que nous la connaissons aujourd’hui.

  • Des Trois Royaumes (220-265) aux dynasties du Nord et du Sud (420-589)

Durant cette période, la médecine se développe sur divers plans. Par exemple, Huáng Fu Mì 皇甫谧 (214-282) contribue au développement de l’acupuncture. Wáng Shū Hé 王叔和 (201-280) de son côté sera un personnage important pour la structuration de la pulsologie chinoise.

  • Dynasties Sui (581-618) et Tang (618-907)

L’enseignement de la médecine traditionnelle chinoise devient officiel et, à partir de 624, les études sont sanctionnées par des examens d’Etat. Le premier codex pharmaceutique, le Táng Běn Cao 唐本草 (matière médicale des Tang) est rédigé en 659, sur ordre impérial. Cháo Yuán Fāng 巢元方 (550-630) écrit par décret impérial et publie en 610 ap. jc. le Zhū Bìng Yuán Hòu Zong Lùn 诸病源候总论 (Traité général sur l’origine et les signes cliniques de toutes les maladies). Cet ouvrage est considéré comme le tout premier à présenter systématiquement l’étiologie, la pathogénie et la symptomatologie des maladies

  • Dynasties Song du Nord et du Sud (960-1279)

Sous les Song, de nombreuses découvertes techniques auront une influence sur la médecine. La découverte de l’imprimerie à caractères mobiles permet la diffusion du savoir médical. L’utilisation de la distillation permet la production de nouvelles substances thérapeutiques. La connaissance de l’anatomie fait des progrès, en partie grâce au développement de la dissection dans la médecine légale. Les premiers essais de variolisation sont faits autour de 1014. La localisation des méridiens et des points se standardise, grâce à la publication de planches d’acupuncture et à la réalisation de modèles humains en bronze (Tóng Rén 铜人 hommes de bronze) pour l’étude de l’acupuncture. Parallèlement, la pédiatrie et la gynécologie s’imposent comme des spécialités à part entière grâce à des ouvrages de référence. L’un des ouvrages les plus importants de cette période est le Sān Yīn Jí Yī Bìng Zhèng Fāng Lùn 三因极一病症方论 (Formulaire des maladies selon les trois causes) publié en 1174 et écrit par Chén Yán 陈言 (1131-1189). C’est dans ce livre qu’il développe pour la première fois la classification des maladies selon trois catégories: externes, internes et ni internes ni externes. Cette classification influencera toutes les générations postérieures jusqu’à nos jours.

  • Dynasties Jin (Nord) (1115 -1234) et Yuan (1271-1368)

Cette période est principalement marquée par l’influence de quatre grands maîtres, chacun ayant fondé un courant médical spécifique, issu de son interprétation de textes médicaux anciens et de son expérience clinique. Il s’agit de Liú Wán Sù 刘完素 (1120-1200), Zhāng Cóng Zhèng 张从正 (1156-1228), Li Dōng Yuán 李东垣 (1180-1251) et Zhū Dān Xī 朱丹溪 (1281-1358).

  • Dynastie Ming (1368-1644)

De grands médecins continuent à développer les théories et l’application clinique de la médecine traditionnelle chinoise dans ses différents domaines: théories fondamentales, médecine interne, acupuncture, pharmacologie, etc.

  • Dynastie Qing (1644-1911)

C’est à la fin des Ming et durant la dynastie des Qing que se développe le dernier volet théorique et clinique de la médecine traditionnelle chinoise que l’on nomme « l’école des maladies de la tiédeur » (温病学派 – wēn bìng xué pài), marquant un tournant majeur dans l’étude de l’épidémiologie en Chine.

II – Sa méthode 

            1. Son système médical

La médecine traditionnelle chinoise est un système médical complet, né en Chine il y a environ 2500 ans selon les meilleures sources historiques. Elle s’est développée selon une approche physiologique et pathologique très différente de notre médecine conventionnelle. Elle est pourtant « jugée très efficace pour de nombreuses affections et traite plus de 40% de la population asiatique. Elle bénéficie d’une grande popularité dans l’ensemble du monde occidental et c’est la médecine traditionnelle qui se développe le plus actuellement à travers le monde » (source : OMS).

La médecine chinoise a une représentation différente de l’être humain et de ses pathologies que la médecine occidentale. Elle se pose en complément pertinent de la médecine occidentale, comme le prouve le système de santé chinois où les deux approches cohabitent avec bonheur et efficacité. Chacune garde son domaine de compétence et collabore avec l’autre lorsque cela s’avère être utile au patient.

La médecine traditionnelle chinoise est constituée d’un énorme corpus théorique, qui intègre des éléments bien précis définis par l’Académie de médecine de la République Populaire de Chine. Il est à souligner qu’en dehors de l’anatomie, toutes ces théories n’ont strictement rien à voir avec notre biomédecine. Elles comprennent :

  • des théories fondamentales qui constituent le langage de base du système
  • une anatomie (comparable à l’anatomie décrite en médecine occidentale moderne)
  • une physiologie détaillée
  • une étiologie et une physiopathologie détaillées
  • un système de diagnostic spécifique basé sur les 4 temps et les 8 règles
  • des thérapeutiques diverses et spécifiques
  • des spécialités, dont les plus importantes sont : médecine interne, gynécologie, pédiatrie, dermatologie, ORL, ophtalmologie, rhumatologie, etc.

La médecine traditionnelle chinoise constitue un système de santé et un système médical, rigoureux et complet, fondamentalement différent d’autres méthodes thérapeutiques avec lesquelles elle est souvent confondue. De nombreuses thérapies en vogue actuellement s’appuient sur les principes fondamentaux de la médecine traditionnelle chinoise tels que l’existence des méridiens ou la dualité Yin Yang. Cette inspiration affirmée ne fait pas pour autant de ces thérapies des constituantes de la médecine traditionnelle chinoise. Reiki, shiatsu, kinésiologie ou autres pratiques orientales ou d’inspiration orientale ne sont en aucune manière des éléments de la médecine traditionnelle chinoise. Les usagers semblent parfois confondre les différentes techniques par manque de visibilité et d’informations claires.

        2.  Sa vision de la maladie

La médecine traditionnelle chinoise classe les causes de maladies/dysfonctionnements en trois catégories : les causes externes qui sont associées aux facteurs climatiques, les causes internes qui relèvent de facteurs émotionnels et les causes ni internes ni externes qui relèvent, par exemple, d’une alimentation erronée ou de traumatismes.

a) Les dysfonctionnements de causes externes

Il s’agit des facteurs climatiques comme le vent, le froid, la chaleur, la canicule, l’humidité et la sécheresse. Ces facteurs, qui sont étroitement liés aux saisons et à l’environnement, parfaitement anodins pour l’homme en bonne santé, en harmonie, deviendront pathogènes pour l’homme en état de faiblesse. Chaque climat présente un tropisme pour un organe et lui nuit s’il est agressif ou bien si l’organe est en hypofonctionnement. Ces agressions vont alors produire des pathologies.

b) Les dysfonctionnements de causes internes

Les émotions, les problèmes psycho-affectifs sont considérés comme une source importante de maladies. Les réactions mentales ou émotionnelles excessives, comme la colère, la tristesse, la mélancolie, les soucis, la peur, la frayeur, etc., peuvent provoquer l’apparition de maladies dites « d’origine interne ». Lorsqu’elles s’expriment de façon soudaine, violente ou qu’elles se manifestent de manière persistante, elles peuvent entraver et déséquilibrer le fonctionnement normal de l’organisme.

c) Les dysfonctionnements de causes ni internes ni externes

Il s’agit du rôle des activités liées au corps et notamment aux habitudes et au mode de vie délétères, par excès ou insuffisance de l’alimentation, de l’activité sexuelle, de travail (surmenage) ou de repos (inactivité). Les traumatismes et blessures diverses sont aussi classés dans cette catégorie, ainsi que les parasitoses et les maladies épidémiques.

La santé résultant de l’équilibre harmonieux des relations entre l’homme et son environnement, il appartient à chaque personne de préserver et entretenir en elle le bon fonctionnement organique qui la protège des agressions externes comme des déséquilibres internes.

La prévention est ainsi une part essentielle de la pratique de la médecine traditionnelle chinoise.

En somme, l’homme en bonne santé est dit « équilibré » (Ping) ; la maladie est une « tendance » (soit par excès, soit par insuffisance). Par exemple, un excès ou une insuffisance d’activité sportive ou alimentaire mène, à terme, à un déséquilibre. La médecine chinoise consiste, in fine, à corriger et à prévenir des « tendances » excessives ou insuffisantes, des vides ou des plénitudes.

d) Son diagnostic

Comme nous l’avons vu plus haut, la médecine traditionnelle chinoise classe les causes de maladies en trois catégories, les causes externes qui sont associées aux facteurs climatiques, les causes internes qui relèvent de facteurs émotionnels et les causes ni internes ni externes que génèrent, par exemple, une alimentation erronée, des parasites ou des traumatismes.

Afin de répondre à la demande du patient et définir un principe de soin, le diagnostic en médecine traditionnelle chinoise s’appuie sur la « méthode des quatre temps », qui comprend : observation, audition/olfaction, interrogation et pouls.

  • Observation : Le praticien observe, entre autres éléments, le teint du visage, l’attitude générale corporelle ainsi que le comportement physique et mental du patient : les ongles, la sclérotique oculaire, la langue, etc.
  • Audition / Olfaction : Cette partie du bilan consiste à écouter les sons émis par le patient tels que la respiration, la voix, les borborygmes, l’expression verbale, ainsi qu’identifier les odeurs corporelles.
  • Interrogation : Les questions posées par le praticien au patient sont précises et variées. Celui-ci va s’intéresser aussi bien à son environnement familial, à son cadre de vie qu’à sa préférence pour le froid ou la chaleur, à ses habitudes alimentaires…
  • Palpation : Il s’agit de palper certaines parties du corps : abdomen, membres, pouls radial le plus souvent. La palpation renseigne sur la nature du trouble voire sa localisation. Elle est précise, précieuse et basée sur une expérience de plusieurs siècles. Elle permet parfois de détecter des déséquilibres avant qu’ils soient perceptibles par la médecine conventionnelle.

Dans la réalité, le diagnostic chinois n’est pas décomposé de manière aussi formelle et les quatre temps se mélangent tout au long de la consultation. En outre, on soulignera le fait que « le diagnostic en médecine chinoise n’engendre aucun coût d’analyses médicales, tout en restant efficace lorsqu’on reste dans le cadre de compétence de ce système de santé (source OMS)».

Le praticien classifie toutes les informations recueillies en utilisant la méthode dite des « huit règles » qui lui permettra ensuite de synthétiser son analyse et de déterminer sa stratégie thérapeutique. Les huit principes ou huit caractéristiques des pathologies sont les suivants: interne/externe, vide/plénitude, chaleur/froid, yīn/yáng. « Interne » signifie que la maladie a pour origine un dérèglement interne. « Externe » signifie que le déséquilibre provoquant la maladie provient d’un agent pathogène externe (par exemple: on prend froid en attendant son bus en hiver ce qui provoque un rhume ou un syndrome grippal). « Vide » signifie que la maladie du patient provient d’un hypofonctionnement de son corps. « Plénitude » signifie que la maladie provient d’une hyperactivité de l’organisme. « Chaleur » signifie que la maladie induit des phénomènes inflammatoires ou va de paire avec une hyperexcitation du système nerveux ou encore une accélération du métabolisme basal. « Froid » signifie que la pathologie induit des phénomènes d’atonie du système nerveux ou de ralentissement du métabolisme. La classification en termes de « Yin/yang » ouvre la possibilité de cerner l’origine du déséquilibre pathologique et le type général du syndrome.

Les déséquilibres sont généralement définis de manière très particulière. On parlera de « montée de feu du Foie » ou de « vide de Qi du Cœur ».

Un praticien de médecine traditionnelle chinoise ne va jamais partir d’un diagnostic de médecine conventionnelle pour établir un diagnostic chinois mais examiner toute une série de signes, de manifestations, de symptômes, dont la synthèse permettra de déboucher sur un diagnostic de médecine chinoise adaptés, à l’instant T, aux besoins du patient selon les paramètres de ce système médical.

En résumé, les praticiens de médecine traditionnelle chinoise utilisent la théorie médicale chinoise afin d’identifier les cadres cliniques de dysfonctionnement du corps.

On débouche toujours sur une réponse individualisée, personnalisée.

Il n’y a pas de traitement standard.

III – Ses outils

La médecine traditionnelle chinoise est d’autant plus performante qu’elle est pratiquée par un praticien maîtrisant le plus parfaitement possible l’élaboration d’un diagnostic selon la méthode traditionnelle, la définition du principe de traitement et la maîtrise de l’utilisation des outils de traitement thérapeutiques.

Selon le diagnostic, le praticien choisira l’outil le plus adapté à la problématique des patients.

  1. L’acupuncture

C’est la thérapie chinoise la plus connue et la plus utilisée en France et en Europe. Elle consiste en l’insertion d’aiguilles fines dans des zones très précises nommées « points d’acupuncture ». La méthode traditionnelle peut intégrer quelques apports de la technologie moderne comme l’électrothérapie qui est la stimulation des points à travers les aiguilles avec un léger courant électrique. Il est aussi possible de stimuler les points avec des appareils laser homologués et conçus à cet effet. Cela permet notamment de rendre l’acupuncture plus adaptée pour les enfants.

  1. La moxibustion

C’est une technique qui est souvent combinée à l’acupuncture. Généralement, elle consiste à faire brûler lentement et doucement de l’armoise (plante) spécialement préparée à cet effet. Elle peut être posée sur le manche d’une aiguille qui est insérée dans un point. On la trouve aussi sous forme de bâton qui sert à chauffer à distance certaines zones du corps ou un point d’acupuncture sans jamais toucher la peau.

  1. La saignée

Il s’agit d’une technique moins utilisée mais fort utile dans certaines situations. Elle consiste à piquer un point d’acupuncture ou une zone particulière afin d’en faire suinter quelques gouttes de sang. La saignée dans la tradition de la médecine chinoise n’a rien à voir avec les saignées de l’Antiquité, il s’agit de toutes petites quantités de sang, de la même manière qu’un diabétique prélève une goutte de sang pour tester sa glycémie.

  1. Les ventouses

Il s’agit de placer de petits récipients en verre, en bambou ou en plastique sur la peau du malade à des endroits bien particuliers. Préalablement, on crée dans la ventouse une dépression pour provoquer une aspiration des chairs du patient.

  1. La médecine manuelle Tui Na Zheng Gu

Le Tui Na Zheng Gu regroupe l’ensemble des méthodes de massage et de normalisation ostéo-articulaires, musculaires et viscérales qui visent à traiter certaines affections osseuses, articulaires, ligamentaires et musculaires mais également de nombreuses maladies organiques comme par exemple, la constipation, les douleurs de règles, la nausée ou une mauvaise circulation. Très éloignée des méthodes de massage de bien-être, le Tui Na est un puissant outil thérapeutique.

Le Tui Na se rapproche de notre ostéopathie ou chiropractie. Cependant, l’approche du patient et de la maladie est différente. Si quelques techniques sont similaires, beaucoup ne coïncident pas avec ce que nous connaissons en Europe et constituent une spécialité à part entière.

Le Tui Na regroupe trois grandes familles de techniques:

  • An Mo: le terme  » An Mo  » signifie littéralement  » presser et frotter « ; c’est le  » massage chinois  » à visée thérapeutique proprement dit. Toutes les techniques de Tui Na consistant à obtenir un effet thérapeutique par le massage font partie de la branche An Mo du Tui Na.
  • Ban Fa: Ce terme peut se traduire par  » méthode d’étirement « . Les  » Ban Fa  » sont les techniques d’étirements musculaires pouvant être réalisées en contre-résistance et d’étirements articulaires, traction, désimpaction.
  • Dong Fa: Ce terme peut se traduire par  » mise en mouvement « . Les  » Dong Fa  » sont les techniques de mobilisation articulaires et viscérales.

Fort de ces différentes spécialités thérapeutiques, le Tui Na chinois est le système de médecine manuelle le plus complet que l’on puisse imaginer.

  1. La pharmacopée traditionnelle chinoise

La pharmacopée traditionnelle chinoise constitue l’outil dominant de la médecine traditionnelle chinoise. Il s’agit d’administrer des substances médicinales sous forme de décoctions, de pilules, de poudres, de sirops, etc. La pharmacopée traditionnelle chinoise intègre des substances animales (peu), minérales (plus) et surtout végétales (en majorité). Basée sur un savoir et une expérience clinique de plus de 2000 ans, la pharmacopée chinoise est d’une efficacité remarquable pour beaucoup d’affections. Elle peut être difficilement comparée à notre pharmacopée européenne dont le savoir est plus symptomatique et inadapté au diagnostic chinois. Son utilisation nécessite expertise et éthique (utilisation des espèces protégées).

  1. La diététique chinoise

La diététique chinoise présente deux facettes. La première est un ensemble de règles alimentaires afin de favoriser une bonne digestion, une bonne assimilation et la santé. La deuxième est l’utilisation des aliments parfois en association avec certaines substances médicinales chinoises pour rééquilibrer l’énergie et permettre une auto-régulation de l’organisme. A la différence de la nutrition occidentale, la diététique chinoise ne s’intéresse pas à la composition chimique des aliments ni à leur valeur calorique, mais à leurs propriétés médicinales. Par exemple, la diététique chinoise ne s’intéresse pas à la composition nutritionnelle du céleri branche (vitamines, minéraux, calories, graisse, etc.) mais l’utilise pour équilibrer l’homme selon les 8 règles (Chaud/froid, vide / plein etc .) en se basant sur une expérience de plusieurs siècles. Il est à souligner qu’en médecine traditionnelle chinoise, il n’y a pas de frontière entre l’aliment et le médicament, et que le maintien de la santé passe d’abord par la diététique, phénomène que l’on retrouve au quotidien puisqu’il n’est pas rare, en Chine, dans les restaurants, de se faire établir un bilan afin d’adapter les mets qui seront consommés à l’état énergétique du client.

    8. Le Qi Gong

Grâce à une gestuelle précise s’alliant à une respiration adaptée et une pensée dirigée, le Qi gong favorise la libre circulation de l’énergie, ce qui est la garantie d’une bonne santé. A un stade plus avancé de sa pratique, le Qi Gong devient une véritable méthode de soin thérapeutique.

Il existe 3 principales écoles de Qi Gong. Elles ont des pratiques similaires et partagent une base commune, la conception taoïste de l’équilibre du Yin et du Yang. Elles se distinguent toutefois par l’accent qu’elles mettent soit sur l’aspect :

  • spirituel: l’objectif étant surtout de libérer l’esprit;
  • martial: dont certaines pratiques, plus proches du tai-chi, sont appelées « boxe avec l’ombre »;
  • ou médical.
Source : Livre blanc de la médecine traditionnelle chinoise – coordination OSMC – 2010